La superbe….

Pourquoi nous n’achèterons pas  » La superbe » de Benjamin Biolay chez Naïve…..

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Avant de causer de cet album, et pour peu que mes grosses phrases vous donnent envie d’aller le récupérer dans la catégorie B des bacs de la médiathèque : passez votre chemin. J’ai interdit formellement à ce qu’il s’y trouve. Sous peine de m’immoler par le feu un mardi soir… figurez vous bien que j’en suis capable. Je n’ai plus peur de grand chose maintenant que mon chat est sauvé. Pour les plus doués des nouvelles technologies : voler une carte postale de la Joconde c’est pitoyable alors ne faites pas non plus l’erreur de photocopier par un procédé illicite le dit album : je pourrais très vite être ignoble avec vous car depuis que mon chat est sauvé je n’ai plus beaucoup d’amour propre et vous n’arriveriez pas à me faire mal. Télécharger ou graver n’est pas illégal mais amoral. Pour les mots d’excuses du style : « je sais pas comment me le procurer » laissez moi vos noms et adresses j’irais vous l’acheter.

Pour commencer, rectifions tout de suite une chose : « La Superbe » n’est pas le premier double album de Benjamin Biolay. Son complexe des grandeurs s’étant accompli sur la face B de « Négatif » lors de ses années de formations au métier d’artiste complet, n’ayons pas peur d’affirmer que celui-ci comporte 23 titres car, voyez-vous, le mot parfait, était bien trop imposant pour se contenter d’un seul disque. Il y manquerait le a, le i ou le t. Quand en plus on décide de  l’appelle ainsi : « La Superbe » et qu’on a un peu de jugeote comme il doit en avoir, il faut être sur de son coup pour ne pas se couvrir de ridicule. Bien plus qu’une série de chansons merveilleuses dont aucune n’est à jeter, signalons que le disque est bien séparé en 2 pour une raison évidente : le premier prend aux tripes et le second aux couilles.

On reconnaît les grands disques au fait qu’ils sont  obligatoirement des reflets de nous dans la glace. Nos ombres de l’autre coté du miroir. Benjamin Biolay a toujours été doué pour parcourir nos vies, la sienne et celles de quelques autres. Si l’on nous qualifie, encore une fois lui et moi plus ces quelques autres dont je ne veux entendre parler, de « romantique tourmenté », il faudra un jour nous rendre justice, se tourner pour excaver ses origines et  regarder du coté des  Smiths de l’autre coté de la Manche plutôt que de se contenter de suivre le cour de la Seine et les quelques allitérations gainsbourienne.

Pour le coup, vu de chez nous, à peine peut-on admettre une filiation musicale avec Christophe pour planter un décor multicolore et savoir tenir un album de bout en bout avec tant d’atmosphères différentes, de rythmes foisonnants. A l’époque où l’on peut voyager vers les bouts du monde en mode économique : rien de surprenant à chercher des influences divers et variés, mais là, le fabuleux vient du fait qu’il n’y a pas de triches. Tout l’édifice tient debout. Crépusculaire ou radieux, victorieux puis rampant, expurgeant des fautes et cherchant la rédemption. Ambiance tellurique ou piano-voix. La musique qu’il compose, dirige, enregistre est un coup de trique qui se marie si bien avec le noir latex de ses textes. Biolay ou l’adepte du sens caché pour ne pas livrer un quota de mots, faire des clins d’œil du bord de terrain de jeu pour se rendre compte qu’il y a des strates de mélodies cachés. Même s’il n’y a pas de sentiment de revanche, revanche il y a : celle du talent qui éclabousse tout sur son passage et laissera des traces très longtemps.  Si vous pensiez tenir le catalogue définitif de la chanson française, prenez le temps de reclasser vos fiches et dites moi quel sommité pourrait éviter d’employer en exemple « L’Héritage » et « Reviens Mon Amour » deux titres de cet album,  afin d’expliquer le mot «classe universelle » et « diversité gracieuse » pour parler d’un disque de musique. Raconter toute une vie via des post-it scotchés sur un frigidaire et rendre cela merveilleux : c’est peut être résumé là, cette génération qui nous englobe : lui, moi et les autres. Sachez qu’on peut se sentir heureux de se reconnaitre en lui plutôt qu’en Pascal Obispo.  Biolay vient de faire un monument. Je ne vais pas faire le tour de propriétaire pour vous vendre le produit fini. La maison où il nous invite est spacieuse, avec pleins de surprises. On sent bien que le propriétaire ouvre ses portes pour une collocation. Pour des solitaires se savoir plusieurs est déjà le comble du bonheur.

le moucheron

 

 

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